Le chocolat a toujours été connu en France comme un médicament et de nombreux traités furent consacrés à ses vertus médicinales.

Il y pénètre paré des deux vertus que lui prêtent les Aztèques : roboratif et aphrodisiaque.
Les indiens pensaient qu'en buvant du chocolat le matin, ils échapperaient aux dangers.

En 1662, l'église prononça son jugement : le liquide ne rompt pas le jeûne. Le chocolat étant une boisson, ce breuvage se répandit dans les monastères, qui s'employèrent à perfectionner les méthodes pour le préparer.
Le Vatican d'ailleurs était entièrement acquis au chocolat, et au XVIIIe siècle, les officiers du Vatican qui participaient aux cérémonies de canonisation recevaient du pape un paquet de chocolats dont le poids variait en fonction du grade.

En 1719, certains espagnols pensaient que le chocolat faisaient maigrir et s'en faisaient servir une quantité industrielle. En fait la lourdeur de la préparation leur coupait complètement l'appétit.

Madame de Sévigné prêtait au chocolat des attributs démoniaques.

Selon le mal à traiter, les apothicaires ajoutent au chocolat leurs propres ingrédients : poivre noir, girofle, musc, cannelle, sans oublier l'ambre gris qui fortifie le coeur. En 1687, le docteur de Blegny écrit "le chocolat est recommandé pour les maux d'estomac, les fièvres, les maladies nerveuses et les épanchements biliaires".

Enfin, au début du XIXeme siècle, le cacao apparaît dans le Dictionnaire Botanique et pharmaceutique de Bastien, paru en 1802.

Au siècle dernier, on vendait des mélanges chocolatés aux propriétés médicinales : le chocolat "anthelminthique" de Vandamme avec huile de croton, calomel, sucre et pâte de cacao ; le chocolat aux grains de glands contre l'atonie générale ; le chocolat purgatif et même le chocolat antivénérien.

Balzac estimait que le chocolat permettait de maintenir plus longtemps les facultés cérébrales.

Goethe, fervent amateur de chocolat et grand voyageur déclarait: "Quiconque a bu une tasse de chocolat résiste à une journée de voyage." Le chocolat, nourrissant et tonique, devient l'ultime déjeuner des gens de lettres.